23 May, 2014

Une Europe dont les citoyens seront fiers

Pour le candidat du Parti populaire européen à la présidence de la Commission, l’Union européenne a un bilan très positif.  

By Jean-Claude Juncker

Depuis hier et jusqu’à dimanche, près de 400 millions d’Européens vont se rendre aux urnes pour élire un nouveau Parlement européen. Ces élections revêtent une importance particulière car, pour la première fois dans l’histoire de l’intégration européenne, nous avons des candidats désignés pour la présidence de la Commission qui font campagne partout en Europe. J’ai moi-même fait campagne aux quatre coins de l’Europe et je me suis rendu en France, à Strasbourg, Bordeaux et Paris.

Le 14 juillet, le nouveau Parlement européen élira le prochain président de la Commission, sur la base d’une proposition des chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Huit. Le président français a clairement indiqué qu’il respectera la volonté des électeurs lors de cette nomination. Il a écrit : « Pour la première fois, les électeurs, par leur vote, désigneront le futur président de la Commission européenne. » Les autres chefs d’État en Europe devraient imiter son exemple et suivre les suffrages exprimés aux élections européennes.

Tout cela pour dire que, le 25 mai, tout vote pour les partis chrétiens-démocrates du centre et les partis de centre droit, comme l’UMP en France, est un vote en faveur du Parti populaire européen afin de m’élire en tant que président de la Commission européenne. Je souhaite réunir une Europe divisée après la crise. Alors que l’Europe traversait des moments difficiles, j’étais premier ministre du Luxembourg et président de l’Eurogroupe : je sais ce que c’est de gouverner en période de crise. C’est ce vécu et cette connaissance approfondie des questions européennes que je souhaite mettre au profit des Européens.

Je me présente comme candidat parce que je crois en la démocratie européenne. Parce que je crois en une Union européenne qui défend ses valeurs. Une Union européenne qui défend une libre circulation des personnes profitable à nos économies, qui fait usage des instruments pour lutter contre les abus individuels et qui ne s’abaisse jamais au niveau des approximations populistes.

Je crois en une Union européenne qui gère ses finances avec raison, poursuit des réformes, même les plus impopulaires, pour assurer un avenir à ses enfants et petits-enfants, un avenir qui ne porte pas le poids de la dette. Pour moi, cela passe par un vrai marché unique numérique. En stimulant le commerce numérique nous pourrions générer une croissance d’une valeur de 500 milliards d’euros au cours des cinq prochaines années.

Je crois en une Europe qui n’est pas naïve en matière de politique étrangère, qui se montre à la hauteur et qui n’hésite pas à infliger des sanctions quand cela est nécessaire, et même s’il s’agit de la Russie. C’est ce que j’incarne : une Europe forte. Une Europe qui est courageuse. Une Europe fondée sur des principes. Une Europe dont les citoyens peuvent être fiers.

J’espère que, le 25 mai, vous aussi vous ferez le choix de cette Europe. Je fais donc appel à tous les citoyens européens : prenez votre destin en main en allant voter ce dimanche. Allez voter en connaissance de cause, pour que votre voix porte. Mais ne donnez pas vos votes aux extrémistes. Qui vote populiste ou extrême droite vote pour des paroles creuses. Ce sont des voix perdues. Un vote pour les extrémistes est un vote pour l’intolérance et un vote contre une France forte dans une Europe forte. Celui qui dit que la France doit sortir de l’Union européenne n’est pas un patriote français. Comme celui qui dit que la France doit sortir de l’euro n’est pas un patriote français. L’euro nous a protégés durant la crise et continue de le faire. Sans la monnaie unique, nous nous livrerions aujourd’hui à une guerre monétaire sans merci où seuls les travailleurs et les petits épargnants seraient perdants.

Aux portes de l’Europe, des hommes et des femmes nous rappellent ce qu’est l’Union européenne, un garant de la paix. Ces hommes et ces femmes, aussi bien en protestant sur le Maïdan ou en s’embarquant sur un navire de fortune, mettent leur vie en péril pour pouvoir vivre avec nos idéaux et nos valeurs. Être patriote français, c’est être patriote européen.

 

Publié dans Le Figaro